iOS

Prise d’acte de la rupture du contrat de travail : deux nouvelles illustrations sur ses conséquences

par 15 février 2024
par 15 février 2024 0 commentaires
136
A la une
actuEL RH
Contrat de travail

La Cour de cassation a récemment rendu deux décisions en matière de prise d’acte de la rupture du contrat de travail.

Le salarié a droit à une indemnité compensatrice de préavis mais seulement pour la période de préavis non exécutée

Dans une affaire jugée le 24 janvier 2023, un ingénieur démissionnaire avait partiellement exécuté son préavis puis avait saisi la juridiction prud’homale pour faire requalifier sa démission en prise d’acte de la rupture de son contrat de travail produisant les effets d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse. 

Il obtient gain de cause et l’employeur est condamné à lui verser, entre autres, une indemnité compensatrice correspondant à trois mois de préavis (ainsi que l’indemnité des congés payés afférents). 

L’employeur conteste le montant fixé par les juges, estimant que le salarié avait effectué une partie de ce préavis et qu’il avait été rémunéré durant cette période.

La Cour de cassation lui donne raison. Les juges du fond auraient dû déduire du montant de l’indemnité compensatrice dû au salarié la période de préavis exécutée et rémunérée. 

► La Cour de cassation avait déjà pris position en ce sens dans un arrêt du 2 juin 2010. Elle avait également déjà estimé, dans un arrêt du 21 janvier 2015, que ce droit au versement de l’indemnité compensatrice de préavis ne s’appliquait pas dans l’hypothèse où le salarié avait exécuté son préavis. Ce qui est le cas d’une démission avec exécution et donc rémunération du préavis, démission par la suite requalifiée en prise d’acte produisant les effets d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse. Le préavis ayant bien été exécuté par le salarié, celui-ci ne peut prétendre au paiement d’une indemnité compensatrice de préavis et ce, « peu important la requalification intervenue » (arrêt du 21 janvier 2015).

Le statut protecteur du salarié est apprécié au moment de la prise d’acte

Dans une autre affaire jugée le 17 janvier 2024, une salariée, affectée à un nouveau poste sans son accord estime que son employeur a unilatéralement modifié son contrat de travail. Elle demande en justice la résiliation dudit contrat aux torts de l’employeur puis, un an plus tard, prend acte de la rupture de son contrat aux torts de l’employeur.

► En effet, si la demande de résiliation judiciaire est toujours en cours, le salarié peut prendre acte de la rupture de son contrat de travail. Cette prise d’acte rompt immédiatement le contrat et la demande de résiliation judiciaire est alors sans objet.

Pour la cour d’appel comme pour la Cour de cassation, l’employeur avait bien modifié le contrat de travail sans l’accord de la salariée, ce qui constituait un manquement de sa part à ses obligations contractuelles d’une gravité suffisante pour empêcher la poursuite du contrat de travail. La prise d’acte est ainsi justifiée. 

La salariée bénéficiant du statut protecteur (en tant que représentante de la section syndicale) au jour de la prise d’acte, cette dernière devait produire les effets d’un licenciement nul, et non pas d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse. Peu importe pour les juges que la modification du contrat de travail ait eu lieu avant que la salariée n’acquière ce statut protecteur.

Visuel réduit: 
Visibilite: 
privé
Signature: 
Delphine de Saint Remy
Supports de diffusion: 
ActuEL RH
Portail RH
Une prise d’acte justifiée induit le versement d’une indemnité compensatrice pour la seule partie du préavis non exécuté et produit les effets d’un licenciement nul si le salarié bénéficiait, au moment de la prise d’acte, du statut protecteur.
12/02/2024
Cacher le visuel principal ?: 
Non
Arrêt du 24 janvier 2024
Arrêt du 17 janvier 2024
Type de produit: 
actuel
Produit d’origine: 
actuEL RH
Auteur extérieur: 
Application immédiate: 
partager Linkedin
Gérer le consentement
Pour offrir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.
Fonctionnel Toujours activé
L’accès ou le stockage technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
L’accès ou le stockage technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’internaute.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques. Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
L’accès ou le stockage technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.
  • Gérer les options
  • Gérer les services
  • Gérer {vendor_count} fournisseurs
  • En savoir plus sur ces finalités
Voir les préférences
  • {title}
  • {title}
  • {title}
LEON ASSOCIES
  • Accueil
  • Léon
  • Candidats
  • Partenaires
  • Choisir Léon
  • News