CNP Assurance, Engie, Lidl France, Kering, Klesia, Pernod Ricard, Legrand, Sodexo, Siemens… 136 entreprises, start-up, ETI, grands groupes, ont signé, le 29 mai, la « Charte pour l’engagement des plus de 50 ans« . Une initiative du club Landoy, un think tank qui réunit un collectif d’entreprises autour des questions liées aux transitions démographiques, avec l’appui du groupe l’Oréal.
Lancé en 2022, ce mouvement vise à favoriser l’emploi de cette classe d’âge. A l’origine, la charte rassemblait 32 sociétés. En 2023, elles étaient 47. Cette année, 89 nouvelles structures se sont mobilisées pour trouver des solutions. « Un mouvement encourageant, selon Sibylle Le Maire, directrice exécutive du Groupe Bayard et fondatrice du Club Landoy. A mesure que les carrières s’allongent, les entreprises ont le rôle d’assurer la formation et l’employabilité de tous les collaborateurs ».
Dans le détail, les signataires s’engagent sur dix points, comme recruter à toutes les étapes de la carrière, valoriser les collaborateurs expérimentés, favoriser la transmission des savoirs et le partage d’expérience entre les générations, lutter contre les stéréotypes liés à l’âge ou encore assurer un suivi individualisé sur la santé et le bien-être au travail.
Certaines d’entre elles ont ainsi mis en place des programmes extrêmement précis. Domus Vi (maisons de retraite) propose ainsi un programme de formation et de reconversion au sein du groupe en seconde partie de carrière. La Poste déploie plusieurs aides pour les salariés aidants. Avec à la clef, une plateforme téléphonique et un certificat donnant des droits supplémentaires (Cesu, droit au répit, flexibilité…). Axa a lancé une campagne de sensibilisation, à travers huit podcasts, « L’audace n’a pas d’âge » et L’Oréal vise à mettre l’intergénérationnel et l’employabilité au cœur des objectifs, à travers le programme « L’Oréal for all generations ».
Au total, « le club Landoy recense 165 actions concrètes en faveur du maintien dans l’emploi des plus de 50 ans », se félicite Sibylle Le Maire qui précise que l’enjeu premier de la charte est un partage de bonnes pratiques au sein des entreprises signataires.
En dépit de ces initiatives, des progrès restent toutefois à faire. « Les indicateurs chiffrés révèlent une discrimination persistante envers les salariés les plus âgés au sein de l’entreprise », déplore Sybille Le Maire. Le club Landoy a ainsi travaillé avec l’Ifop pour quantifier le phénomène. A l’arrivée, il a dévoilé, en parallèle des signataires de la charte, un Index seniors, premier du genre, réalisé auprès de 27 entreprises signataires représentant 567 000 salariés, et composé de quatre indicateurs : le nombre des seniors, le taux de formation, de mobilité et de recrutement.
Ce dernier indicateur affiche le taux le plus faible avec seulement 11 % des embauches de salariés de 50 ans et plus, en baisse de 21 points par rapport à 2022. L’accès à la mobilité (22 %) et à la formation (28 %) sont moins difficiles pour cette catégorie d’âge. Mais elle reste, toutefois, sous-représentée par rapport à son poids dans la population active (32 %).
Selon cet Index, près d’un salarié sur trois avait plus de 50 ans en 2023.
« Le faible taux de recrutement constitue un défi pour les entreprises qui sont aussi soumises à la nécessité et à l’urgence de repenser la formation et d’ouvrir ainsi aux 50 ans et + la possibilité de mobilités qui fassent sens, pour soutenir leur employabilité », alerte Sybille Le Maire qui appelle à une « réflexion globale sur le pilotage de la performance économique et sociale des entreprises », à travers le suivi de ces indicateurs.