Promouvoir la diversité et l’inclusion par le sport : c’est l’ambition que s’est fixée CGI, une entreprise de services du numérique (14 000 salariés en France) qui a décidé de soutenir 10 athlètes paralympiques (cinq femmes et cinq hommes), confirmés, titrés ou espoir, pour les Jeux paralympiques 2024 qui se dérouleront du 28 août au 8 septembre à Paris. L’équipe est pilotée par Cécile Hernandez, elle-même championne paralympique de snowboardcross et athlète parasurf, recrutée en 2022, comme chargée de projet diversité et inclusion.
L’objectif est d’accompagner ces sportifs à préparer l’événement côté podium. Tout en facilitant leur reconversion professionnelle côté open-space.
Le DRH Europe de l’Ouest et du Sud, Benoît Froment, la responsable handicap France, Marie-Pascale Grenu et la chargée de mission diversité, équité & inclusion, Roxane Leib, ont reçu, le 30 janvier, le Grand prix de l’ANDRH, pour cette initiative.
L’idée a germé dès 2021 au cours d’un H-GAMES, un challenge interentreprises organisé par la Fédération française handisport. CGI a alors décidé, en juillet 2022, de constituer une équipe en vue des Jeux paralympiques. Cécile Hernandez, recrutée via une convention d’insertion professionnelle (CIP), un dispositif mis en place par l’Agence nationale du sport, en partenariat avec les fédérations sportives, est alors chargée d’identifier les athlètes qui composeront la « team ».
Pour les athlètes qui ne vivent pas de leur sport, le soutien des entreprises s’avère souvent vital. Et leur permet de préparer les épreuves avec plus de sérénité.
« Le partenariat avec l’entreprise leur permet de financer les déplacements – les compétitions sont souvent internationales – ou encore les équipements sportifs, assure Benoît Froment qui n’a pas voulu communiquer sur le budget alloué pour l’occasion. L’entreprise valorise aussi leurs performances à travers la communication ».
Mais surtout, pour l’entreprise « soutenir les athlètes fédère les collaborateurs en interne autour des valeurs de la responsabilité sociale, du partage ou du partenariat ». CGI cherche à s’impliquer sur ce sujet : elle a signé son dernier accord handicap en décembre 2022. Avec à la clef, des mesures sur les aides aux familles, des congés spécifiques pour soin, du télétravail et des campagnes de sensibilisation tout au long de l’année. Le taux d’emploi des personnes en situation de handicap était de 3,8 % en 2023. Elle organise aussi des conférences en interne avec les athlètes pour leur permettre de témoigner sur leur parcours. Ces rencontres ont, en outre, des retombées concrètes puisqu’elles permettent progressivement de briser un tabou dans le monde professionnel, en facilitant les demandes de reconnaissance de travailleur handicapé, (RQTH), auxquelles de nombreux salariés renoncent par crainte de discrimination.
89 salariés ont franchi le cap, en 2023, contre une cinquantaine habituellement, « soit une progression de plus de 80 % ».
De plus, l’entreprise prévoit d’accompagner ces sportifs dans leur reconversion professionnelle, une fois qu’ils auront raccroché de la compétition. CGI a mis sur pied une équipe de coachs, composée de professionnels RH, pour leur permettre d’envisager l’après-carrière sportive. Notamment dans le numérique en élargissant les viviers de recrutement. « Ce marché vit une pénurie de compétences hors du commun », relève Benoît Froment.